La position que vous aimez sur votre vélo n’est pas nécessairement celle que vous avez besoin


Lors d’un positionnement morphologique, la rétroaction et la proprioception du cycliste doit toujours faire partie du processus actif. Cela peut donner des informations importantes et des pistes de solutions concrètes.


Par contre, comme dans bien des aspects de la vie, plusieurs personnes réagissent de façon négative à tout changement qui est à l’extérieur de ce dont ils sont habitués ou à tout changement qui entre en conflit avec leur idée préconçue de l’idéal.


C’est pourquoi, non seulement il ne faut pas simplement d’appuyer sur les sensations du cycliste, mais il faut parfois même carrément en faire fit.


C’est là que l’expérience du spécialiste en positionnement et les outils technologiques de mesure prennent toute leur importance.


J’ai deux exemples bien concrets pour démontrer cela (le deuxième est bien plus drôle).



Premier exemple :


Un client avec qui j’ai travaillé il y a peu de temps se plaignait d’une répétitive vive douleur à l’extérieur du genou gauche (bandelette ilio-tibiale) qui faisait son apparition normalement à l’intérieur de la première heure d’une sortie.




Représentation (exagérée) de la rotation des pieds

Il a été positionné à plusieurs reprises par différents systèmes. À chaque positionnement, sa hauteur de selle avait été jugée bonne par la mesure de l’angle du genou en extension (pédale à 6 h). Une asymétrie de rotation latérale des pieds avait été observée (talon vers l’intérieur au pied gauche et vers l’extérieur pour le droit). Un travail de rotation de cales et d’espacement de pédales avait été fait pour accommoder cette asymétrie, qu’il croyait être à l’origine de sa douleur au genou.


Voici à quoi ressemblais ça capture de pression de selle initiale.


La ligne rouge représente le mouvement du centre de pression. Autrement dit, commence son bassin se déplace sur la selle. En plus d’avoir une très grande instabilité, la partie droite du bassin est beaucoup plus devancée que la partie gauche son bassin créant une constante rotation asymétrique dans le sens antihoraire. (Représentation exagérée sur le dessin)







La 1re chose que j’ai faite était d’abaisser la selle de près d’un centimètre.

Sa réaction fut instantanée :

Je déteste ça ! C’est beaucoup trop bas !

Mais qu’en était-il de la nouvelle cartographie de pression de selle ?

Non seulement la stabilité du bassin a été grandement améliorée, il est maintenant bien aligné avec le vélo. Et devinez quoi ? L’asymétrie de rotation de ses pieds est disparue. Au départ, bien que ses pieds n’étaient pas parallèles au vélo, il était bien aligné avec son bassin. C’est la rotation du bassin qui a créé le désalignement des membres inférieurs.


Maintenant, la partie difficile commence. Je dois le convaincre d’essayer cette position, malgré sa sensation négative et son idée préconçue il perdra de la puissance. C’est là que les technologies de mesure de pointent aident. Ils permettent de quantifier précisément le mouvement et le présenter de façon visuelle et impartiale.


Quelques semaines plus tard, je contacte le client pour un suivi. Sa douleur au genou est maintenant chose du passé. Il n’a perdu aucune efficacité ou puissance (en fait il a gagné, car sa douleur au genou ne l’handicape plus). Finalement, non seulement il s’est rapidement habitué nouvelle hauteur de selle, mais il m’a avoué qu’il avait essayé brièvement de la remettre à sa hauteur d’origine et que sa réaction fut instantanée :

Je déteste ça ! C’est beaucoup trop haut !



Deuxième exemple :


J’assois un cycliste pour un test à l’aveuglette sur un vélo ajustable (fit bike) avec comme position d’origine une copie des coordonnées de son vélo.

Je bouge le tout dans plusieurs directions (hauteur de selle, recul, portée, hauteur du guidon) en demandant ce qu’il en pense à chaque modification. Après avoir essayé plusieurs combinaisons, je remets le tout exactement à la position d’origine et lui demande son impression de cette position par rapport au départ. Sa réponse :

Aah oui ! C’est vraiment mieux !

© 2020 Martin Turgeon Services Cyclistes